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Ce soir, je suis enfin libre. Après votre visite, je n'ai cessé de repenser à ce moment passé ensemble, dans cette pièce sombre, sur cette table froide. Parfois sentant encore la chaleur, la Votre, m'envahir ... Mon esprit se tournait aussi vers nos retrouvailles.
Les chevilles et les poignets douloureux, je rentre chez moi, à travers la nuit froide, ne vous ayant trouvé à ma sortie ... M'avez-vous déjà oublié ? Avec qui êtes vous ce soir ? Je laisse ces questions de coté, ne pouvant qu'hanter mon âme.
Après avoir ouvert la porte, j'entre dans mon alcôve et en ferme les rideaux. I n'y a aucune raison pour qu'ils me voient dans l'état dans lequel je suis. Mes vêtements de captive ôtés, souliers déposés au sol, je me glisse vers ma salle d'eau, après m'être enivrée de l'odeur de rose qui règne ici. La porte ne se referme pas derrière moi.
Des sels déposés dans le fond du bain, dégageant l'odeur des thés, et des vapeurs, rependues sur les carreaux transparents, j'observe mon visage dans le miroir trempé. Un visage défait. Par cet enfermement ? Par votre absence, si peu longue dans le temps mais une éternité que je ressens ?
Je goûte l'eau qui tombe, elle est à mon goût. J'ôtes mes sous vêtements et repense à nos ébats dans cette salle sombre ... Donnée entièrement à Vous ...
J'entre dans l'eau chaude et me délecte de cette température excessive qui fait rougie mon corps, mes cuisses.
Il y a du bruit dehors. Je ferme les yeux, essayant de chasser les fantômes qui m'envahissent ... Les bougies que j'avais disposées fondent lentement sur le bord de la baignoire, alors que l'eau ruisselle sur les vitres froides.
Soudain, un bruit se fait au devant de la maison, j'entends la porte d'entrée s'ouvrir enfin, j'attends ... J'écoute, les sens en éveille. Une ombre dans le couloir, qui avance vers moi, et cette douce odeur d'opiacé ...
« Vous enfin ».